Traitement de la sécheresse oculaire près d'Aix-en-Provence
Docteur Julie Blot - Ophtalmologiste
Qu'est-ce que la sécheresse oculaire ?
Ophtalmologue près d'Aix-en-Provence
La sécheresse oculaire est l’un des motifs de consultation les plus fréquents en ophtalmologie. Pourtant, elle reste encore largement méconnue du grand public, souvent réduite à une simple gêne passagère alors qu’il s’agit d’une véritable pathologie inflammatoire chronique de la surface oculaire. Elle affecte la qualité de vie, la vision, le confort et parfois même la capacité à poursuivre certaines activités quotidiennes ou professionnelles.
Le Dr Julie Blot, membre actif de l’ACOS (association des centres de l’œil sec), particulièrement investie dans la prise en charge des pathologies de la surface oculaire, propose un parcours complet d’évaluation, de diagnostic et de traitement, structuré autour des techniques les plus récentes, dont la lumière pulsée et la radiofréquence QMR.
Une pathologie multifactorielle aux profils très variés
Spécialiste des traitements visuels
La sécheresse oculaire ne touche pas un seul « profil » de patient. En réalité, elle s’observe dans des contextes très divers, ce qui en fait une pathologie complexe à diagnostiquer et à traiter.
Elle est très fréquente après certaines chirurgies oculaires (notamment chirurgie réfractive ou cataracte), en particulier lorsque les glandes de Meibomius étaient déjà fragiles avant l’intervention. La sécheresse est également une manifestation fréquente de la rosacée oculaire, maladie inflammatoire chronique pouvant altérer la qualité des sécrétions meibomiennes.
Chez les femmes, la ménopause constitue un facteur majeur, du fait des modifications hormonales qui affectent directement la composition du film lacrymal. Certains traitements médicamenteux — notamment les somnifères, anxiolytiques, antidépresseurs, antihistaminiques ou anti-hypertenseurs — réduisent la production lacrymale ou augmentent l’évaporation.
Enfin, un nombre croissant de patients consultent pour des sécheresses sévères liées à des maladies auto-immunes, telles que la polyarthrite rhumatoïde, le lupus, ou encore le syndrome de Gougerot-Sjögren, dont les atteintes lacrymales sont parfois très marquées. Dans ces cas, la prise en charge doit être fine, progressive et durable, car la maladie est souvent chronique et évolutive.
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Docteur Julie Blot près d'Aix-en-Provence
Comprendre le rôle essentiel du film lacrymal
Prise en charge de la sécheresse oculaire
La surface de l’œil est recouverte d’un film lacrymal composé de trois couches : lipidique, aqueuse et mucinique.
Un déséquilibre de l’une de ces couches entraîne une instabilité du film lacrymal, à l’origine des symptômes : picotements, brûlures, tiraillements, vision fluctuante, fatigue oculaire, sensibilité accrue au vent ou aux écrans.
De nombreuses sécheresses sont liées à un dysfonctionnement des glandes de Meibomius, situées au niveau des paupières, qui secrètent la couche lipidique empêchant l’évaporation trop rapide des larmes. Lorsque cette couche lipidique est insuffisante ou altérée, les larmes s’évaporent trop vite, entraînant une inflammation persistante de la surface oculaire.
Traitement de la sécheresse oculaire près d'Aix-en-Provence
Docteur Julie Blot - Ophtalmologue près d'Aix-en-Provence
Un bilan complet de la surface oculaire
Pour établir un diagnostic précis, le Dr Julie Blot réalise un bilan complet de la surface oculaire : interrogatoire approfondi sur l’intensité et la fréquence des signes de sécheresse oculaire ressentis, analyse du film lacrymal, mesure de sa vitesse d’évaporation et de sa quantité, stabilité, évaluation de l’inflammation de la surface oculaire et des bords palpébraux, exploration de l’épithélium cornéen et recherche d’une kératite sèche, observation des bords palpébraux et des glandes de Meibomius (meibographies) et du meibum produit par ces dernières.
Une attention particulière est portée à l’étude des glandes de Meibomius grâce aux meibographies, qui permettent de visualiser leur structure et leur degré d’atrophie et d’inflammation.



Ce bilan permet d’établir un score noté sur 10, permettant de situer le stade de sécheresse oculaire avant de débuter un traitement approprié, puis d’en réaliser le suivi par la suite, et surtout d’identifier le type de sécheresse : évaporative (insuffisance qualitative), aqueuse (insuffisance quantitative), ou mixte ou inflammatoire, et d’adapter le traitement en conséquence.
Les traitements disponibles
Le traitement de la sécheresse oculaire repose sur une approche qui vise à restaurer la qualité et la quantité du film lacrymal, réduire l’inflammation de la surface oculaire et des paupières, et améliorer le fonctionnement des glandes de Meibomius.
Le Dr Blot combine plusieurs méthodes selon le mécanisme prédominant.
Substituts lacrymaux : des collyres aux pommades ophtalmiques en passant par les gels
Bouchons lacrymaux : en cas d’insuffisance quantitative si la rivière lacrymale est trop fine et le test de Schirmer effondré
Soins de paupières efficaces : le réchauffement des paupières permet de fluidifier le meibum et les clignements forcés permettent la désobstruction des glandes de Meibomius
En complément, certains patients nécessitent des anti-inflammatoires locaux, comme la CICLOSPORINE ou le TALYMUS selon l’origine de leur sécheresse oculaire.
Enfin, la nutrition est essentielle. Un apport suffisant en acides gras saturés de type Oméga 3 et 6 permet de compléter la prise en charge de la sécheresse oculaire.
Lumière pulsée (IPL)
La lumière pulsée est aujourd’hui l’un des traitements majeurs du dysfonctionnement des glandes de Meibomius. Elle agit simultanément sur la fluidification des sécrétions du meibum, l’inflammation située en profondeur dans les bords palpébraux, et la qualité du film lacrymal. Elle est particulièrement indiquée dans les sécheresses liées à la rosacée, dans les formes évaporatives et chez les patients présentant une forte instabilité du film lacrymal.
Les séances sont rapides, non douloureuses et produisent généralement un bénéfice durable après plusieurs sessions.
Radiofréquence QMR (Quantum Molecular Resonance)
La QMR est une technique complémentaire permettant de stimuler en profondeur les glandes de Meibomius. En améliorant la fluidité des sécrétions et en facilitant leur expression, elle agit directement sur les causes mécaniques de la sécheresse.
Elle peut être utilisée seule ou en association avec l’IPL pour optimiser les résultats dans les formes sévères ou rebelles (protocole « IPL PLUS »).
PRP lacrymal : une innovation en cours de mise en place
Le Dr Blot est actuellement en train d’intégrer une nouvelle approche thérapeutique encore unique en France : le PRP lacrymal (injection de plasma riche en plaquettes dans les glandes lacrymales).
Cette technique prometteuse repose sur les propriétés régénératives du PRP et pourrait représenter une avancée majeure dans les sécheresses sévères ou associées à des maladies auto-immunes.
Cette technique est pratiquée par le Docteur Julie Blot au Centre Remedex à Marseille.
La prise en charge de la sécheresse oculaire
La sécheresse oculaire est une affection souvent chronique, qui nécessite une stratégie thérapeutique évolutive. Le Dr Blot accompagne les patients dans la durée, en ajustant les traitements selon l’évolution de la maladie, la réponse clinique et le contexte médical global.
Tarifs
Tarif du bilan sécheresse oculaire de 45 min : 130€
Tarif d’une séance d’IPL : 120€
Tarif d’une séance de QMR : 60€
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Évaluation OSDI-6 de la sécheresse oculaire
Questions fréquentes sur la sécheresse oculaire
Docteur Julie Blot spécialiste de la sécheresse oculaire à Saint-Cannat
La sécheresse oculaire est-elle une maladie fréquente ?
Oui, c’est une pathologie fréquente. Le syndrome de l’œil sec ou sécheresse oculaire se développe lorsque la surface oculaire n’est plus suffisamment ou correctement humidifiée en raison d’un manque de larmes et ou d’une mauvaise qualité des larmes c’est un trouble répandu qui concerne presque un tiers de la population générale. Elle est présente chez 15 % des patients entre 50 et 95 ans et représente une consultation sur 4 en ophtalmologie en moyenne. Le risque est plus élevé chez les femmes, les senior, les fumeurs ou après une chirurgie oculaire.
À quoi sert le film lacrymal ?
Le film lacrymal est nécessaire pour conserver une surface oculaire humidifiée. Une bonne interaction entre les larmes, les paupières (il se renouvelle et s’étale entre chaque clignement), et la cornée est essentielle pour protéger la surface oculaire.
Le film lacrymal apporte l’oxygène et les nutriments nécessaires à la bonne transparence de la cornée, ainsi que les anticorps et cellules anti inflammatoires pour défendre l’œil contre les infections. L’augmentation de la clairance du film lacrymal (phénomène de larmoiement) permet d’éliminer d’éventuels agents pathogènes et les corps étrangers.
Enfin, il est indispensable pour assurer une vision nette de manière constante et qui ne fluctue pas entre deux clignements.
Quels sont les composants du film lacrymal ?
Afin de remplir ses fonctions, il doit être stable et équilibré en permanence, c’est-à-dire en quantité suffisante, bien réparti et de bonne qualité. On appelle cela l’homéostasie du film lacrymal.
Il est composé :
- de lipides (« gras »), appelé meibum, produit par les glandes de Meibomius situées dans l’épaisseur des paupières (supérieures et inférieures). La couche lipidique du film lacrymal stabilise ce dernier à la surface de l’œil, le rend homogène et évite son évaporation.
- d’eau, produite par les glandes lacrymales. Il en existe une glande lacrymale de chaque côté, au niveau du 1/3 externe de l’orbite. La couche aqueuse constitue 70% du film lacrymal.
- et de mucus (« sucre »), produit par les cellules muciniques situées au niveau de la conjonctive de l’œil. Cette couche permet de maintenir une surface oculaire lisse et donc au film lacrymal de bien « s’accrocher ».
Existe-t-il différentes formes de sécheresse oculaire ?
Oui il existe principalement deux types de sécheresse oculaire.
La première, la plus fréquente (80%) est due à une dysfonction des glandes de Meibomius. Cela a pour conséquence un défaut de production de meibum, voire une absence totale de production si ces dernières sont obstruées ou atrophiées.
L’absence de couche lipidique à la surface de l’œil rend le film lacrymal plus labile au contact de l’air. C’est la sécheresse qualitative, appelée sécheresse évaporative.
La 2nde est une hypo sécrétion lacrymale, quantitative, qui se traduit par une réduction de la production de larmes par la grande lacrymale principale. Le larmoiement est moins important et la surface de l’œil s’assèche. Elle représente 15 % des cas de sécheresse oculaire. C’est la sécheresse quantitative.
Enfin les deux causes peuvent se combiner on parle de sécheresse mixte.
Quels facteurs internes (liés au fonctionnement du corps) favorisent voire aggravent la sécheresse oculaire ?
- L’âge avancé
- L’inflammation des bords des paupières : la blépharite (dysfonction des glandes de Meibomius le plus fréquemment, rosacée, prolifération de Demodex à la base des cils …
- Maladies générales : diabète, endocriniennes comme la dysthyroidie, auto-immunes comme la maladie de Gougerot-Sjögren, neuro-dégénératives …
- Variations hormonales : ménopause, pilule contraceptive, stimulation hormonale …
- Certains médicaments : anti-dépresseurs, anti-acné, cardio-vasculaires…
- Terrain atopique : allergies, eczéma…
- Maladies dermatologiques : rosacée, dermite séborrhéique…
- Maladies ORL : apnée du sommeil (appareillée ou non), sinusite chronique…
- Tabagisme
- Déficit en vitamine D, en oméga 3, déséquilibre du microbiote intestinal
Quels sont les symptômes (signes fonctionnels) de la sécheresse oculaire ?
Ils peuvent être nombreux et différents d’un patient à l’autre, voire différents entre les deux yeux chez un même patient, et entrainent un inconfort chronique voire des symptômes surprenants.
De plus, ils ne sont pas toujours corrélés aux signes cliniques que l’ophtalmologiste note lors de son examen.
Généralement, elle se manifeste par des sensations de brûlure, picotements, grains de sable, comme des corps étrangers dans l’œil.
Cela peut s’accompagner d’irritation, rougeur, voire de démangeaisons, sans signe d’allergie.
Une fatigue visuelle voire une vision fluctuante entre deux clignements doivent y faire penser malgré le port d’une correction optique appropriée.
Il existe également une sensibilité accrue à la luminosité (photophobie), au froid, au vent, à l’air sec, une intolérance au port des lentilles de contact.
Les symptômes s’empirent le soir généralement, surtout après une journée de travail passée derrière un écran. Ils s’améliorent donc les week-ends et durant les congés.
Dans certains cas, il peut y avoir une gêne voire des douleurs la nuit et à l’ouverture des yeux le matin au réveil.
Enfin, le larmoiement paradoxal est une production de larmes supplémentaires en cas d’évaporation excessive. L’œil « compense » de manière réflexe l’absence de larmes. Cependant, un larmoiement permanent peut être lié à autre chose.
Quels facteurs environnementaux favorisent voire aggravent sécheresse oculaire ?
- Les rayons ultraviolets provoquent une inflammation de la surface oculaire, la kératite, et dégrade les larmes par photo-oxydation
- Les particules fines irritent la surface oculaire et causent inflammation et stress oxydatif. Les gaz polluants provoquent des modifications chimiques du film lacrymal entraînant une instabilité accrue : il est recommandé d’aérer les pièces 10 minutes par jour
- Les spores de moisissures, acariens, poussières, squames animales, et les pollènes déclenchent des inflammations allergiques qui perturbent le film lacrymal : il est conseillé de nettoyer régulièrement les tissus et surfaces accumulant la poussière et éviter de se frotter les yeux
- Les systèmes de climatisation et de chauffage réduisent l’humidité intérieure aggravant la sécheresse, il faut ainsi limiter l’utilisation excessive de ces systèmes et installer des humidificateurs dans les pièces climatisées ou chauffées
- À haute altitude, l’air est plus sec et la pression atmosphérique plus faible, favorisant l’évaporation des larmes : les lunettes de soleil avec indice 4 sont à privilégier lors d’activité en montagne
- Le vent provoque une augmentation de l’évaporation du film lacrymal : porter des lunettes (même sans correction), voire des lunettes à chambre humide évite l’exposition prolongée au courant d’air, ventilateur, soufflerie de chauffage, et climatisation
- Les travailleurs exposés à des environnements chimiques ou poussiéreux en usine et laboratoire sont à risque accru de sécheresse. C’est également le cas des produits d’assainissement de piscine : les lunettes de protection sont recommandées
- La température élevée et l’air sec aggravent l’évaporation des larmes et au contraire des températures basses diminuent la fluidité des larmes et augmentent les sensations de sécheresse : maintenir la température intérieure aux alentours de 22°C, bien s’hydrater, et limiter les environnements très humides non ventilés. En avion, il est conseillé de s’hydrater correctement et d’emporter des larmes artificielles
Est-ce que les écrans et la lecture prolongée d’un livre aggravent la sécheresse oculaire ?
Oui, car la fixation oculaire prolongée réduit la fréquence et l’amplitude des clignements de paupières, ce qui assèche la surface oculaire. La règle des 20-20-20 permet, toutes les 20 minutes, de fixer un objet à 6m (soit 20 pieds), pendant 20 secondes, et cligner régulièrement.
La rééducation du clignement consiste à cligner consciencieusement et fermement des yeux à plusieurs reprises toutes les 20 à 30 minutes. Sur écrans, le poste de travail est à aménager afin de positionner l’écran à 50 cm du regard et sous la ligne d’horizon, il est bénéfique de réduire la luminosité (éclairage doux) et d’utiliser un filtre anti-reflets.
Est-ce que la sécheresse oculaire est une maladie grave ?
Le plus souvent non, mais il ne faut pas la négliger. C’est une maladie fréquente, chronique, bénigne et surtout inconfortable. Elle n’endommage pas l’œil de façon grave si elle est légère et bien prise en charge. Si les traitements simples de première intention ne suffisent pas et qu’elle s’aggrave, alors des signes cliniques plus importants comme des micro-lésions de la cornée peuvent apparaître (c’est la kératite sèche). Une sécheresse très sévère peut aller jusqu’à entraîner un ulcère de la cornée.
Parfois, les signes cliniques ne sont pas corrélés à l’intensité des symptômes, c’est pourquoi un examen ophtalmologique régulier est nécessaire.
La sécheresse peut-elle s’aggraver brutalement ?
Une crise de sécheresse oculaire est possible. C’est une aggravation brutale ou rapidement progressive des symptômes, véritable signal d’alerte qui montre que la surface de l’œil nécessite une attention particulière. Généralement, on retrouve un facteur déclenchant (utilisation inhabituellement prolongée d’écrans, introduction d’un nouveau traitement, allergies, etc)
En cas de crise, il est recommandé d’hydrater les yeux avec des larmes artificielles, soulager les paupières avec de la chaleur ou du froid (notamment en cas de crise allergique), et réaliser des exercices de clignements forcés et répétés à plusieurs reprises pour stimuler la production de meibum, film gras naturel qui empêche l’évaporation excessive des larmes, et également les répartir à la surface de l’œil. Il est également nécessaire de rechercher et diminuer tous les facteurs aggravants de la sécheresse jusqu’à l’obtention d’un avis médical.
Il faut consulter en urgence si les douleurs sont inhabituelles et importantes, en cas de baisse de vision, et/ou en cas de forte sensibilité à la lumière afin que votre ophtalmologiste élimine un diagnostic différentiel. La prévention des crises de sécheresse oculaire passe par le respect de votre traitement au quotidien, et la surveillance des facteurs pouvant influer sur une surface oculaire déjà fragilisée par la maladie.
Comment faire le diagnostic de la sécheresse oculaire et évaluer sa sévérité ?
Le raisonnement clinique est guidé par des recommandations rédigées par un comité d’experts internationaux et réactualisées régulièrement (comme le TFOS DEWS III, datant de 2026).
L’ophtalmologiste réalise un bilan complet comprenant :
- Interrogatoire complet recherchant les signes fonctionnels, les antécédents et traitement en cours, et autres facteurs extérieurs favorisant
- Divers questionnaires complètent la stadification de la sécheresse selon les types de symptômes, leur intensité, leur fréquence, et leur répercussion sur la qualité de vie (par exemple, le score OSDI, SPEED, DEQ-5)
- Examen clinique médical minutieux de la surface oculaire :
- Les paupières (laxité, mauvais positionnement…)
- La conjonctive (rougeurs, micro-lésions…)
- Le film lacrymal et la rivière lacrymale après instillation d’une goutte de colorant appelé fluorescéine : mesure du BUT (break up time), correspondant au temps d’évaporation du film lacrymal, mise en évidence d’une kératite et son stade selon la classification d’Oxford, etc
- La cornée (transparence, kératite voire ulcère…)
- Le test de Schirmer mesure la quantité de larmes produites. Une petite bandelette de papier buvard graduée est posée sur la paupière inférieure de chaque œil pendant 5 minutes, ce n’est pas douloureux.
- Meibo-expression ou expression des glandes de Meibomius afin d’évaluer la quantité, la nature et la fluidité du meibum, ou au contraire constaté qu’il est totalement obstrué. Cela reflète la fonctionnalité des glandes de Meibomius.
- Examens complémentaires
- Mapping épithélial cornéen, examen avancé qui mesure l’épaisseur de la couche des cellules superficielles de la cornée. Il détecte des anomalies fines invisibles à l’examen clinique et reflète la souffrance de la cornée face à la sécheresse oculaire. Il permet également un suivi dans le temps.
- Meibographies des 4 paupières, qui permettent de visualiser directement et en détails l’état des glandes de Meibomius et leur structure (canaux dilatés, glandes atrophiées, présence de vaisseaux inflammatoires). C’est un examen rapide, indolore et non invasif. Le meibographe est un appareil d’imagerie doté d’une caméra haute résolution et d’une lumière infra-rouge.
🡺 Le diagnostic repose donc sur la combinaison des symptômes et des signes cliniques, même si la corrélation entre les deux n’est pas toujours évidente, y compris pour les experts.
Un score récent, l’eTAO, côté entre 0 et 10, a été basé sur l’ensemble de ces éléments, et permet aujourd’hui au praticien d’adopter la meilleure stratégie thérapeutique possible, grâce aux méthodes modernes de traitement de la sécheresse, ainsi que son suivi, même s’il s’agit d’une pathologie multifactorielle et chronique.
Peut-on agir soi-même simplement et efficacement contre la blépharite, dont la cause la plus fréquente est la dysfonction des glandes de Meibomius, cause majeure de la sécheresse oculaire ?
Oui, il est tout à fait possible de mettre en place des soins et une hygiène des paupières à domicile dans un premier temps.
Il faut bien comprendre que le meibum, habituellement fluide et clair, est trop épais, cireux ou bouché en cas de dysfonction des glandes de Meibomius. Le but premier est donc de le « ramollir » pour faciliter son écoulement au travers des canaux des glandes de Meibomius. Ce dernier a une température de fusion de 44°C, la chaleur est donc le traitement de base. Les masques chauffants auto-régulés sont les plus efficaces car ils maintiennent une température constante pendant 10 à 12 minutes.
Ensuite, il faut essayer de le « vidanger » sans masser soi-même ses paupières, mais simplement en clignant complétement et fortement afin que la paupière supérieure vienne affronter la paupière inférieure et créer un effet d’expression des glandes.
Enfin, après le réchauffement des paupières et les exercices de clignement, nettoyer, réhydrater avec une lingette imbibée ou en appliquant une lotion ou une mousse avec un coton propre prescrite par votre ophtalmologiste. Cela contribue à diminuer l’inflammation du bord des paupières.
En journée, l’hydratation avec des larmes artificielles, de préférence des substituts lipidiques, aident à maintenir un film lacrymal correctement étalé à la surface de l’œil et lutte contre son évaporation ainsi que les symptômes ressentis.
La prise de compléments alimentaires, Omega 3 enrichis en EPA et DHA ainsi que l’homéopathie sont des supports à l’amélioration de la qualité du meibum et des lipides en règle générale.
Selon la sévérité de l’atteinte des glandes de Meibomius, ces soins peuvent se révéler partiellement ou totalement inefficaces. Des traitements modernes de la sécheresse oculaire pourront être réalisés de manière complémentaire par votre ophtalmologiste.
Comment bien choisir son maquillage en cas de sécheresse oculaire ?
Les produits cosmétiques peuvent contenir des agents toxiques pour la surface oculaire et exercer une action mécanique délétère sur les orifices des canaux des glandes de Meibomius. Parfois même, ils augmentent les démangeaisons liées à la blépharite. Il est donc préférable de ne pas maquiller le bord interne des paupières. Une formulation spécifique pour les yeux sensibles et les textures crème sont préférée aux poudres. Le maquillage Waterproof, semi permanent et les faux cils sont à éviter. Veiller à démaquiller parfaitement vos yeux tous les jours avec des produits adaptés afin de ne pas laisser de croûtes résiduelles à la base des cils qui augmenteraient l’inflammation du bord des paupières (blépharite). D’autre part, on peut retrouver des traces de maquillage à la surface des lentilles de contact, majorant leur intolérance en cas de sécheresse oculaire.
Pourquoi la ménopause entraîne-t-elle une sécheresse oculaire évaporative ?
Les hormones sexuelles (œstrogènes et androgènes) ont une influence sur les glandes de Meibomius et donc la production d’un meibum de bonne qualité. Les glandes de Meibomius sont androgéno-dépendantes, les androgènes stimulent donc la synthèse et la sécrétion d’un meibum de composition fluide et stable, et limitent l’inflammation locale.
Pendant la ménopause, les œstrogènes chutent, mais il y a également une diminution relative des androgènes, créant un déséquilibre du ratio œstrogènes/androgènes. Cela entraine une baisse de l’activité de production de meibum, qui devient plus épais et moins qualitatif, puis les canaux des glandes s’obstruent progressivement. La stagnation du meibum entraîne une inflammation chronique et un cercle vicieux inflammatoire local, menant à l’atrophie des glandes de Meibomius par la suite.
La ménopause s’accompagne du phénomène de vieillissement tissulaire, diminuant la densité des glandes et une baisse du renouvellement cellulaire, amplifiant l’effet hormonal.
D’autres situations hormonales peuvent également entraîner une sécheresse oculaire, telles que la grossesse, le post partum, certains contraceptifs oestroprogestatifs, le syndrome des ovaires poly kystiques, l’endométriose, etc…
Quelles sont les causes associant démangeaisons oculaires et sécheresse et comment les différencier ?
- Cause inflammatoire chronique : la blépharite (dysfonction des glandes de Meibomius +/- infectieuse si associée à une infestation parasitaire à Demodex). Les démangeaisons sont alors un symptôme modéré parmi les autres signes de la sécheresse, non dominante, et chronique. Elles sont associées à des lésions du bord palpébral liées à l’inflammation de la blépharite, ainsi que la présence de croûtes à la base des cils, surtout en cas de Demodex, et des chalazions à répétition. Elles sont améliorées par l’hygiène des paupières et ne répondent pas bien aux anti-histaminiques.
- Cause immunologique : l’allergie. Les démangeaisons sont intenses et prédominantes, souvent immédiatement réactionnelles à l’allergène, ou saisonnières. Elles sont accompagnées de rougeurs oculaires, d’un œdème palpébral, d’un larmoiement clair, voire de signes ORL (rhinite allergique, asthme). Il n’y a pas de dépôt au niveau de la base des cils et les bords palpébraux ne sont pas irrités. Elles sont rapidement soulagées par les collyres anti allergiques et anti-histaminiques oraux.
- Cause dermatologique : l’eczéma des paupières, la dermatite séborrhéique … La région cutanée palpébrale et péri oculaire présente des desquamations, une rougeur, et parfois un aspect « cartonné » de la peau.
- Cause iatrogène (irritative) : par exemple des collyres contenant des conservateurs, et/ou des collyres prescrits au long cours comme dans la prise en charge du glaucome.